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Il y a des saints dont la sainteté se manifeste dans la gloire — des martyrs couronnés, des empereurs baptiseurs, des théologiens triomphants. Et il y a des saints dont la sainteté se manifeste dans l'humiliation — des hommes brisés par la calomnie, la persécution et l'injustice, qui ont trouvé dans ces épreuves la voie royale vers Dieu. Saint Nectaire est de ces derniers. Chassé d'Alexandrie par de fausses accusations, relégué en Grèce, ignoré des puissants, il a vécu dans la pauvreté et le dénuement — et pourtant des milliers de malades guérissaient à son contact. Aujourd'hui encore, des dizaines de milliers de pèlerins se rendent chaque année sur sa tombe à Égine pour demander sa puissante intercession.
Qui est saint Nectaire d'Égine ?
Saint Nectaire d'Égine (en grec : Ἅγιος Νεκτάριος Αἰγίνης) est un évêque orthodoxe grec du XIXe–XXe siècle, né le 1er octobre 1846 à Sélymbrie (Silivri) en Thrace et mort le 8 novembre 1920 à Athènes. Il est canonisé saint par le Patriarcat Œcuménique de Constantinople le 20 avril 1961. Sa fête liturgique est célébrée le 9 novembre.
Saint Nectaire est considéré comme le thaumaturge (faiseur de miracles) de l'Église orthodoxe contemporaine par excellence — un saint de notre temps dont les miracles sont attestés en nombre extraordinaire, notamment pour les malades du cancer et les personnes en détresse spirituelle. Comme le souligne la paroisse orthodoxe de Rennes : « Dès son repos, les miracles ont abondé et abondent quotidiennement jusqu'à aujourd'hui pour ceux qui approchent avec foi de ses reliques ou qui se confient à sa puissante intercession. »
Son nom civil était Anastasios Kephalas. Il est également connu comme archevêque de la Pentapole — titre qu'il conserva toute sa vie malgré son expulsion injuste d'Alexandrie. Il est aussi le compositeur de l'hymne marial Agni Parthene (« Vierge Pure ») — l'un des hymnes orthodoxes les plus aimés du monde.
La vie de saint Nectaire — de la Thrace à Égine
L'enfance et la jeunesse (1846–1876)
Anastasios Kephalas naît dans une famille modeste et très pieuse le 1er octobre 1846 à Sélymbrie en Thrace, au bord de la mer de Marmara. Dès l'enfance, il manifeste une piété intense et une soif de Dieu inhabituelle pour son âge. Très jeune, il part à Constantinople pour étudier et travailler — comme commis de boutique, pour payer ses études. Il envoie des lettres à Jésus-Christ lui demandant de l'aider à s'acheter des habits pour aller à l'école — lettres que son patron découvre et qui révèlent la profondeur de sa foi enfantine.
Le moine et le prêtre (1876–1889)
Il devient instituteur sur l'île de Chios, puis moine sous le nom de Lazare au monastère Nea Moni de Chios, le 7 novembre 1876. Devenu diacre un an plus tard, il obtient son diplôme de la Faculté de théologie. Ordonné prêtre, il reçoit le nom monastique de Nectaire. Il part pour Le Caire où il est nommé prêtre à l'église Saint-Nicolas. Sa réputation de prédicateur et de confesseur grandit rapidement en Égypte.
Métropolite de la Pentapole (1889–1891)
Il fut nommé, en 1889, évêque métropolite de la Pentapole (dans l'actuelle Libye). C'est à cette époque qu'il compose l'hymne Agni Parthene et qu'il développe sa profonde dévotion à la Theotokos. Son ministère en Égypte est marqué par une efficacité pastorale remarquable — mais aussi par une jalousie croissante de la part de certains membres du clergé local.
La calomnie et l'exil d'Alexandrie
L'épreuve la plus douloureuse de la vie de saint Nectaire — et la plus révélatrice de sa sainteté — est son expulsion injuste d'Alexandrie. Des membres jaloux du clergé alexandrin répandent de fausses accusations contre lui auprès du Patriarche d'Alexandrie, Sophronios IV. Sans enquête véritable, il dut quitter l'Égypte. Il retourna en Grèce en 1891 et passa plusieurs années en tant que prédicateur (1891–1894).
La nature précise des calomnies n'est pas établie avec certitude par les historiens — mais leur effet est dévastateur : Nectaire se retrouve sans diocèse, sans revenus, sans défenseurs, dans un pays étranger. Il ne répond jamais aux accusations, ne cherche jamais à se défendre publiquement, ne nourrit aucune rancœur envers ses persécuteurs. Cette acceptation silencieuse de l'injustice est considérée par la tradition orthodoxe comme l'un des signes les plus clairs de sa sainteté.
Plus d'un siècle plus tard, en 1998, le Saint Synode du Patriarcat orthodoxe d'Alexandrie, sous la direction du Patriarche Petros VII, reconnut officiellement l'injustice commise envers saint Nectaire et fit appel à la pitié de Dieu. C'est l'une des rares occasions dans l'histoire de l'Église orthodoxe où une institution ecclésiastique a formellement reconnu une erreur grave envers un saint.
Le monastère d'Égine et les dernières années
De 1894 à 1908, Nectaire est nommé directeur de l'École ecclésiastique Rizarios d'Athènes — un poste modeste pour un évêque métropolite, mais qu'il accepte avec humilité et qu'il exerce avec excellence, formant des générations de clercs grecs.
Nectaire gardait au fond de son cœur un amour brûlant pour la quiétude et la paix de la vie dans les monastères, aussi profita-t-il du désir exprimé par un certain nombre de ses filles spirituelles pour se retirer des troubles de la vie mondaine et fonder un monastère féminin dans l'île d'Égine (entre 1904 et 1907).
Il passe ses dernières années à Égine — travaillant au jardin vêtu d'une vieille soutane, célébrant les offices, dirigeant spirituellement ses moniales, recevant des centaines de malades qui viennent de toute la Grèce chercher sa bénédiction et ses prières. On le voyait souvent travailler au jardin, vêtu d'une misérable soutane, ou, lorsqu'il disparaissait pour de longues heures, on devinait qu'il s'était alors enfermé dans sa cellule pour élever son intelligence vers Dieu, en la fixant dans son cœur pour y goûter la douceur du saint Nom de Jésus.
La mort et l'incorruptibilité
Après un dernier pèlerinage auprès d'une icône de la Mère de Dieu, il annonça à ses disciples son prochain départ pour le ciel, et fut transféré dans un hôpital d'Athènes, où, après cinquante jours de souffrances qu'il supporta avec une patience qui édifiait tous ceux qui l'approchaient, il remit en paix son âme à Dieu le 8 novembre 1920.
Un signe extraordinaire marque immédiatement sa mort : lorsque l'infirmier enlève la chemise du défunt pour l'habiller, il la pose sur le lit d'un paralytique voisin — et ce dernier se lève immédiatement guéri. C'est le premier miracle post mortem de saint Nectaire.
Le corps du saint resta miraculeusement incorrompu pendant plus de vingt ans, en dégageant un parfum céleste et délicat. En 1953, lorsqu'il fut finalement dissous selon les lois de la nature, on procéda à la translation de ses reliques et l'on put constater alors que le même parfum s'en dégageait puissamment.
Les miracles de saint Nectaire
Saint Nectaire est l'un des saints les plus actifs dans les miracles de l'Église orthodoxe contemporaine. Ses miracles concernent principalement :
- Les malades du cancer — saint Nectaire est invoqué comme intercesseur privilégié pour les cancers, et de nombreuses guérisons médicalement inexplicables lui sont attribuées
- Les paralysies et maladies chroniques — à commencer par le paralytique guéri à sa mort
- Les troubles psychiques et la possession — saint Nectaire est réputé pour sa puissance contre les influences démoniques
- Les personnes en recherche d'emploi et les pauvres — son patronage des pauvres et des sans-travail est profondément ancré dans sa propre expérience de pauvreté et d'humiliation
Saint Nectaire est considéré comme le saint patron des pauvres, des faibles et de ceux qui cherchent du travail. Son tombeau au monastère de la Sainte-Trinité d'Égine est l'un des lieux de pèlerinage orthodoxes les plus fréquentés de Grèce.
La canonisation de 1961
Ses saintes reliques furent inventées le 3 septembre 1953 et le 20 avril 1961, par acte du Patriarcat Œcuménique, il fut proclamé saint de l'Église orthodoxe. Sa fête est fixée au 9 novembre — lendemain du jour de sa mort (8 novembre), car le 8 novembre est déjà la fête de la Synaxe de l'Archistratège Michel et de toutes les Puissances Incorporelles.
La rapidité de sa canonisation — moins de 41 ans après sa mort — témoigne de la force et de l'unanimité de la vénération populaire. Des paroisses lui étaient déjà dédiées avant la canonisation officielle. Ses icônes étaient présentes dans des milliers de foyers grecs. Et son tombeau recevait des pèlerins de toute la Grèce depuis les années 1920.
En 1998, le Patriarcat d'Alexandrie a formellement reconnu l'injustice commise contre lui — une étape supplémentaire dans la réhabilitation totale d'un homme que l'institution avait jadis blessé.
Saint Nectaire et l'hymne Agni Parthene
Saint Nectaire est le compositeur de l'hymne Agni Parthene (Ἁγνὴ Παρθένε — « Vierge Pure »), l'un des hymnes orthodoxes les plus aimés du monde. Composé durant son séjour en Égypte, probablement vers 1890, cet hymne en grec classique célèbre la Theotokos avec une beauté poétique et musicale incomparable.
Vers 1893, il prononça une homélie sur la Vierge dans laquelle il mit en valeur ses qualités de tendresse et de sollicitude. Saint Nectaire, marqué par les épreuves et la persécution, trouva en la Vierge Marie un refuge spirituel et une source inépuisable de réconfort.
L'Agni Parthene est chanté dans les monastères orthodoxes du monde entier, dans de nombreuses langues. Il a été enregistré par des centaines d'ensembles monastiques et est souvent le premier hymne orthodoxe découvert par les convertis au christianisme oriental. Notre prochain article lui sera entièrement consacré.
L'icône de saint Nectaire
Saint Nectaire est représenté dans l'iconographie orthodoxe en habit épiscopal — sakkos (tunique ornée), omophorion (écharpe liturgique), avec une couronne épiscopale — tenant l'Évangile dans une main et bénissant de l'autre. Son visage est doux, légèrement barbu, avec un regard de compassion profonde. Certaines icônes le montrent à côté du monastère de la Sainte-Trinité d'Égine ou tenant l'hymne Agni Parthene.
L'icône de saint Nectaire est l'une des plus demandées parmi les icônes de saints modernes — par les malades qui cherchent sa puissante intercession, par les fidèles portant le prénom Nectaire, et par tous ceux qui cherchent un saint proche de notre époque. Elle peut être placée dans le coin de prière familial. Sa fête du 9 novembre est le grand jour onomastique de tous ceux portant ce prénom, comme le détaille notre guide des fêtes onomastiques orthodoxes.
FAQ — Questions fréquentes sur saint Nectaire d'Égine
Qui est saint Nectaire d'Égine ?
Saint Nectaire d'Égine (1846–1920) est un évêque orthodoxe grec, archevêque de la Pentapole, thaumaturge et compositeur de l'hymne Agni Parthene. Né en Thrace dans une famille pauvre, il est injustement chassé d'Alexandrie par des calomnies, termine sa vie sur l'île d'Égine où il fonde un monastère féminin, et meurt le 8 novembre 1920 après 50 jours de souffrances. Canonisé en 1961, il est l'un des saints les plus vénérés de l'Église orthodoxe contemporaine.
Quand est la fête de saint Nectaire ?
La fête de saint Nectaire d'Égine est célébrée le 9 novembre — lendemain du jour de sa mort (8 novembre 1920), le 8 novembre étant déjà occupé par la fête de l'Archistratège Michel. C'est le grand jour onomastique de tous les Nectaire dans le monde orthodoxe.
Pourquoi saint Nectaire a-t-il été chassé d'Alexandrie ?
Saint Nectaire a été chassé d'Alexandrie à cause de calomnies répandues par des membres jaloux du clergé alexandrin auprès du Patriarche Sophronios IV. La nature précise de ces calomnies n'est pas entièrement établie historiquement. En 1998, le Patriarcat d'Alexandrie a officiellement reconnu cette injustice. Saint Nectaire n'a jamais cherché à se défendre publiquement ni à nourrir de rancœur — ce que la tradition orthodoxe considère comme un signe majeur de sa sainteté.
Quels miracles saint Nectaire accomplit-il ?
Saint Nectaire est particulièrement invoqué pour les guérisons de cancer, les paralysies et maladies chroniques, les troubles psychiques, et la protection contre les influences démoniques. Il est aussi le patron des pauvres et des personnes sans travail. Des miracles lui sont attribués quotidiennement par des témoins du monde entier.
Où se trouve le tombeau de saint Nectaire ?
Le tombeau de saint Nectaire se trouve au monastère de la Sainte-Trinité sur l'île d'Égine (Grèce), le monastère qu'il a lui-même fondé. C'est l'un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés de Grèce, recevant des dizaines de milliers de pèlerins chaque année, notamment autour du 9 novembre.
Qu'est-ce que l'hymne Agni Parthene ?
L'Agni Parthene (« Vierge Pure ») est un hymne marial composé par saint Nectaire durant son séjour en Égypte, vers 1890. Écrit en grec classique, il célèbre la Theotokos avec une beauté poétique incomparable et est chanté dans les monastères orthodoxes du monde entier. C'est l'un des hymnes orthodoxes les plus aimés et les plus répandus — souvent le premier hymne orthodoxe découvert par les convertis.