Hypapante — la fête de la Présentation du Seigneur au Temple : 2 février dans la tradition orthodoxe

Hypapante — la fête de la Présentation du Seigneur au Temple : 2 février dans la tradition orthodoxe

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En bref : L'Hypapante (grec : Ὑπαπαντή — « Rencontre ») est l'une des douze grandes fêtes de l'Église orthodoxe, célébrée le 2 février (ou le 15 février pour les Églises suivant le calendrier julien). Elle commémore la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem quarante jours après Noël, et la rencontre du Christ avec le vieillard Syméon et la prophétesse Anne. Unique parmi les grandes fêtes, elle est à la fois une fête du Seigneur et une fête de la Theotokos. Elle est précédée d'un jour d'avant-fête (1er février) et suivie d'une semaine d'après-fête.

L'Hypapante est l'une des fêtes les plus poétiquement belles du calendrier liturgique orthodoxe. Elle célèbre une rencontre — non pas n'importe quelle rencontre, mais la rencontre entre Dieu et son peuple, entre la Nouvelle Alliance et l'Ancienne, entre la lumière du monde et les hommes qui l'attendaient dans les ténèbres. C'est la rencontre de l'enfant Jésus et du vieux Syméon — un homme qui avait attendu toute sa vie de voir le Messie, et qui en mourant put dire : « Maintenant, laisse ton serviteur partir en paix. » En Occident, cette fête est connue sous le nom de Chandeleur — et la coutume de bénir des cierges est partagée entre traditions catholique et orthodoxe. Mais dans la tradition orthodoxe, son nom grec, Hypapante, dit mieux son sens profond : c'est la fête de la Rencontre.

Qu'est-ce que l'Hypapante ?

L'Hypapante (grec : Ὑπαπαντή, parfois orthographié Hypapante ou Ypapanti) est l'une des douze grandes fêtes (Dodekaorton) du calendrier liturgique orthodoxe. Elle est célébrée le 2 février dans les Églises orthodoxes suivant le calendrier grégorien, et le 15 février dans les Églises suivant le calendrier julien (Église russe, serbe, géorgienne).

Son nom officiel complet dans la tradition orthodoxe est « la Sainte Rencontre de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ». Cette fête commémore la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem quarante jours après la Nativité, et la rencontre entre le Christ enfant et le vieillard Syméon et la prophétesse Anne. Elle est unique parmi les douze grandes fêtes orthodoxes car elle est simultanément une fête du Seigneur (centrée sur le Christ) et une fête de la Theotokos (centrée sur la Mère de Dieu qui présente son Fils au Temple).

En Occident chrétien, cette même fête est connue sous le nom de Chandeleur — un nom qui vient de la bénédiction des chandelles, elle-même inspirée du cantique de Syméon qui proclame Jésus « lumière pour éclairer les nations ». La coutume de bénir des cierges le 2 février est partagée entre la tradition catholique et la tradition orthodoxe — mais dans l'orthodoxie, l'accent est mis sur la rencontre plutôt que sur la lumière.

Signification du mot Hypapante

Le mot grec Hypapante (Ὑπαπαντή) est dérivé du verbe hypantaô (ὑπαντάω) — « aller au-devant de quelqu'un, aller à la rencontre de ». Il désigne donc littéralement « la rencontre » ou « l'acte d'aller au-devant ». Le mot est riche de sens : dans la culture antique, aller à la rencontre de quelqu'un était un geste de respect et de reconnaissance — une délégation sortait de la ville pour aller accueillir un roi ou un dignitaire qui arrivait. En l'appliquant à cette fête, la tradition byzantine exprime que Syméon et Anne, représentant tout Israël, sont allés au-devant du Christ — lui ont rendu les honneurs qui lui étaient dus en tant que Roi et Messie.

Le nom latin de la fête, Hypapante, a été conservé tel quel dans de nombreuses langues liturgiques. En slavon d'Église, la fête est appelée Srétenie (Сретение) — mot slave qui signifie également « rencontre ». En russe, le 2 février est « Srétenie Gospodne » (Сретение Господне — Rencontre du Seigneur). En roumain, Întâmpinarea Domnului (même sens).

L'événement évangélique — Lc 2, 22-40

L'Hypapante est fondée sur le récit de l'Évangile selon saint Luc (2, 22–40). Quarante jours après la Nativité — c'est-à-dire quarante jours après Noël, d'où la date du 2 février — Marie et Joseph amènent l'enfant Jésus au Temple de Jérusalem pour accomplir deux prescriptions de la Loi de Moïse :

  • La purification de la mère — quarante jours après la naissance d'un fils, la mère devait accomplir un rite de purification rituelle et offrir au Temple un agneau d'un an pour l'holocauste, ou, pour les familles pauvres, deux tourterelles ou deux pigeons. Marie et Joseph offrent deux tourterelles — signe de leur pauvreté et de l'humilité de l'Incarnation
  • La consécration du premier-né — « Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » (Lc 2, 23 ; Ex 13, 2). Le premier-né était « racheté » par les parents moyennant une offrande au Temple — un geste qui rappelait que Dieu avait épargné les premiers-nés des Hébreux lors de la dixième plaie d'Égypte

C'est dans ce contexte de stricte observance de la Loi de Moïse que se produit la grande rencontre : le Christ, venu accomplir la Loi qu'il a lui-même donnée à Moïse, la soumet et la transcende en même temps.

Saint Syméon le Théodoche — celui qui reçoit Dieu

La figure centrale de l'Hypapante est celle du vieillard Syméon, appelé dans la tradition orthodoxe Théodoche (Θεοδόχος — « Celui qui reçoit Dieu »). L'Évangile le décrit comme « un homme juste et pieux qui attendait la consolation d'Israël, et sur qui l'Esprit Saint reposait » (Lc 2, 25). L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.

Le jour de l'Hypapante, « poussé par l'Esprit, il vint au Temple » — et quand Marie et Joseph y entrèrent avec l'enfant Jésus, il le prit dans ses bras et bénit Dieu. Certains auteurs anciens voient en Syméon un prêtre du Temple, d'autres l'identifient comme l'un des soixante-dix docteurs de la Loi chargés de la traduction de la Septante — et qui aurait reçu la promesse de ne pas mourir avant d'avoir vu le Messie parce qu'il avait douté de la prophétie d'Isaïe sur la naissance virginale.

La tradition orthodoxe fête saint Syméon le 3 février — lendemain de l'Hypapante — avec la prophétesse Anne. Son geste de prendre l'Enfant dans ses bras est le geste liturgique central de la fête : l'icône de l'Hypapante montre presque invariablement ce moment — Syméon tenant le Christ, les bras étendus et voilés par son phélonion, comme un prêtre qui offre le sacrifice.

La prophétesse Anne — témoin de la délivrance

La prophétesse Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser, est la seconde figure de la fête. Veuve de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple et servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière. Quand elle vit l'enfant Jésus, « elle se mit à louer Dieu et à parler de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » (Lc 2, 38).

Anne représente dans la tradition orthodoxe l'Israël fidèle qui a attendu le Messie dans la prière et le jeûne. Sa présence dans l'icône de l'Hypapante — généralement à l'arrière-plan, tenant un rouleau et regardant vers le ciel en signe d'inspiration prophétique — souligne que la venue du Christ au Temple n'est pas un événement isolé, mais l'accomplissement d'une longue attente.

Le cantique de Syméon — Nunc Dimittis

L'une des contributions liturgiques les plus durables de la fête de l'Hypapante est le Cantique de Syméon (Lc 2, 29–32), connu dans la tradition latine sous le nom de Nunc Dimittis (premiers mots latins : « Maintenant, laisse partir »). C'est l'un des trois cantiques évangéliques — avec le Magnificat et le Benedictus — qui font partie intégrante de la liturgie des Heures depuis le IVe siècle.

« Maintenant, Seigneur, tu peux laisser ton serviteur
s'en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut
que tu as préparé à la face de tous les peuples,
lumière pour éclairer les nations
et gloire de ton peuple Israël. »

(Lc 2, 29–32)

Dans la liturgie orthodoxe, le Cantique de Syméon (Nyn apolueis — Νῦν ἀπολύεις) est chanté à la fin de chaque office des Vêpres — chaque soir, dans toutes les Églises orthodoxes du monde. C'est l'une des prières les plus universelles de la tradition chrétienne orientale.

La théologie de l'Hypapante — fête du Seigneur et de la Theotokos

L'Hypapante est unique parmi les douze grandes fêtes orthodoxes : c'est la seule qui soit simultanément une fête du Seigneur et une fête de la Theotokos. Cette double nature est explicitée dans le kontakion (hymne bref) de la fête :

« Orne ta chambre nuptiale, Sion,
et accueille le Christ notre Roi.
Embrasse Marie, la porte du ciel :
c'est elle, le nouveau trône des Chérubins.
Elle porte le Roi de gloire,
nuée lumineuse portant en la chair le Fils avant l'aurore engendré.
Syméon, le recevant dans ses bras,
révèle à tous les peuples qu'il est le Maître de la vie et de la mort,
le Rédempteur de nos âmes. »

Théologiquement, l'Hypapante est une fête de la lumière — comme l'indique l'expression de Syméon : « lumière pour éclairer les nations. » Cette image de la lumière est au cœur de la spiritualité liturgique de la fête : le Christ est la vraie lumière qui est entrée dans le monde, et la bénédiction des cierges à l'Hypapante en est le signe sacramentel. Elle est aussi une fête de la rencontre entre l'Ancien et le Nouveau Testament : Syméon et Anne représentent l'Israël croyant qui reçoit dans ses bras le Dieu longtemps attendu.

Histoire de la fête — des origines à la tradition byzantine

L'Hypapante est l'une des fêtes liturgiques chrétiennes les plus anciennes. Elle est attestée à Jérusalem dès le IVe siècle — la pèlerine Égérie, dans son journal de voyage (vers 380–384), décrit une procession solennelle célébrée quarante jours après l'Épiphanie (le 6 janvier était alors la date de la Nativité à Jérusalem), soit le 14 février. Quand la Nativité fut fixée au 25 décembre, la fête se déplaça au 2 février.

Sous le règne de l'empereur Justinien I (527–565), à la suite d'une terrible épidémie à Constantinople en 542, l'Hypapante fut introduite dans tout l'Empire byzantin avec une solennité accrue. Justinien ordonna des processions aux flambeaux dans toutes les villes de l'Empire le 2 février — renforçant le symbolisme de la lumière et la connexion avec le cantique de Syméon. C'est depuis cette date que la fête est universellement célébrée dans toute l'Église orthodoxe.

La célébration liturgique de l'Hypapante

L'Hypapante est précédée d'un jour d'avant-fête (1er février) et suivie d'une semaine d'après-fête jusqu'au 9 février — bien que cette après-fête puisse être écourtée ou supprimée si le 2 février tombe près du début de la préparation au Grand Carême.

La veille de la fête, l'icône de l'Hypapante — représentant Marie, Joseph et Jésus dans les bras de Syméon — est placée au centre de l'église pour la Divine Liturgie solennelle. Dans de nombreuses paroisses orthodoxes, des cierges sont bénis le 2 février — coutume partagée avec la tradition catholique. Ces cierges bénis sont conservés par les fidèles et allumés lors des prières importantes : à la naissance d'un enfant, lors d'une maladie grave, ou à l'heure de la mort.

L'icône de l'Hypapante peut être placée dans le coin de prière familial pendant toute la durée de l'après-fête. Des icônes de l'Hypapante sont disponibles dans les boutiques d'icônes orthodoxes.

L'icône de l'Hypapante

L'iconographie de la fête de l'Hypapante fut fixée définitivement aux IXe–Xe siècles et est restée presque inchangée depuis. L'icône représente :

  • Au centre — le vieillard Syméon tenant l'Enfant Jésus dans ses bras voilés par son phélonion. Le Christ enfant, jamais représenté dans des langes, bénit parfois de la main droite — soulignant qu'il est à la fois le Roi accueilli et le Prêtre qui bénit
  • À gauche — la Theotokos, tenant les mains tendues vers Syméon en geste d'offrande
  • À droite — saint Joseph, tenant les deux tourterelles de l'offrande
  • Derrière Syméon — la prophétesse Anne, un rouleau à la main, regardant vers le ciel en signe d'inspiration prophétique
  • En arrière-plan — l'architecture du Temple de Jérusalem, avec un autel-ciborium évoquant la liturgie eucharistique

Les premières représentations connues de la Présentation se trouvent sur une mosaïque de Sainte-Marie-Majeure à Rome (Ve siècle). La composition iconographique définitive, avec Syméon au centre tenant le Christ, s'est imposée dans la tradition byzantine à partir du IXe siècle.

FAQ — Questions fréquentes sur l'Hypapante orthodoxe

Qu'est-ce que la fête de l'Hypapante ?

L'Hypapante (Ὑπαπαντή — « Rencontre ») est l'une des douze grandes fêtes orthodoxes, célébrée le 2 février. Elle commémore la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem quarante jours après Noël, et la rencontre du Christ avec le vieillard Syméon et la prophétesse Anne. C'est la seule grande fête qui soit à la fois une fête du Seigneur et une fête de la Theotokos.

Que signifie le mot Hypapante ?

Hypapante (Ὑπαπαντή) est un mot grec qui signifie « rencontre » ou « l'acte d'aller au-devant de quelqu'un ». Il désigne la rencontre entre le Christ enfant et le vieillard Syméon représentant tout Israël. En slavon liturgique, la fête est appelée Srétenie (même sens).

L'Hypapante est-elle la même fête que la Chandeleur ?

Oui — l'Hypapante orthodoxe et la Chandeleur catholique commémorent le même événement évangélique (Lc 2, 22-40) le même jour (2 février). Les deux traditions bénissent des cierges ce jour-là, en référence au cantique de Syméon qui proclame Jésus « lumière pour éclairer les nations ». La différence principale est d'ordre liturgique et théologique : dans l'orthodoxie, l'accent est mis sur la rencontre (Hypapante) ; dans le catholicisme, sur la présentation et la purification.

Quand célèbre-t-on l'Hypapante selon le calendrier julien ?

Les Églises orthodoxes suivant le calendrier julien (Église russe, serbe, géorgienne) célèbrent l'Hypapante le 2 février julien, qui correspond au 15 février dans le calendrier grégorien civil.

Qu'est-ce que le Cantique de Syméon (Nunc Dimittis) ?

Le Cantique de Syméon (Lc 2, 29–32), connu en latin sous le nom de Nunc Dimittis (« Maintenant, laisse partir »), est la prière que Syméon prononça en tenant l'enfant Jésus dans ses bras : « Maintenant, Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix... car mes yeux ont vu ton salut. » Dans la liturgie orthodoxe, ce cantique est chanté à la fin de chaque office des Vêpres.

Pourquoi l'Hypapante est-elle la seule grande fête qui soit à la fois fête du Seigneur et fête de la Theotokos ?

L'Hypapante est à la fois fête du Seigneur (le Christ qui entre au Temple) et fête de la Theotokos (Marie qui présente son Fils) parce que l'événement évangélique implique indissociablement les deux. La tradition orthodoxe refuse de séparer ce qui est inséparable dans la réalité de l'Incarnation : le Christ ne peut être présenté au Temple sans la Theotokos qui le porte, et la Theotokos ne peut le porter sans lui. C'est pourquoi les hymnes de la fête glorifient alternativement le Christ et sa Mère.

Peut-on faire bénir des cierges pour l'Hypapante dans une église orthodoxe ?

Oui — la bénédiction des cierges le 2 février est une coutume présente dans la tradition orthodoxe, notamment dans les paroisses grecques, slaves et roumaines. Ces cierges bénis sont conservés par les fidèles et allumés lors des moments importants de la vie : naissance, maladie, mort, tempêtes. Ils symbolisent la lumière du Christ que Syméon a proclamée et que chaque chrétien reçoit au baptême.

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