Les grandes fêtes de l'Église orthodoxe

Les grandes fêtes de l'Église orthodoxe : calendrier complet et guide des Douze Fêtes

L'année liturgique orthodoxe est l'un des calendriers sacrés les plus richement structurés de tout le christianisme. En son cœur se tient le Dodécaorton — les Douze Grandes Fêtes — un cycle de treize célébrations (douze fêtes plus Pâques, qui les surpasse toutes) qui retrace l'intégralité du mystère du salut : de la naissance de la Mère de Dieu à la descente du Saint-Esprit à la Pentecôte, de l'Incarnation du Christ à son Ascension au ciel. Ce ne sont pas de simples commémorations d'événements passés. Dans la théologie orthodoxe, la liturgie rend chaque fête présente — les fidèles ne sont pas des spectateurs de l'histoire mais y participent.

Ce guide présente les treize grandes fêtes orthodoxes dans leur ordre liturgique correct — en commençant par le nouvel an ecclésiastique du 1er septembre — avec leurs dates, leur nature (fixe ou mobile), leur signification théologique essentielle, et des liens vers nos articles complets sur chaque fête.

Calendrier complet : dates 2025–2029

Toutes les dates ci-dessous sont données selon le calendrier grégorien révisé, utilisé par le Patriarcat œcuménique, les Églises grecque, roumaine et antiochienne. Les Églises du calendrier julien (russe, serbe, géorgienne, de Jérusalem) célèbrent les fêtes fixes 13 jours plus tard dans le calendrier civil.

Fête Type 2025 2026 2027 2028 2029
Pâques (Pascha) Mobile 20 avr. 12 avr. 2 mai 16 avr. 8 avr.
Nativité de la Mère de Dieu Fixe 8 sept. 8 sept. 8 sept. 8 sept. 8 sept.
Exaltation de la Sainte Croix Fixe 14 sept. 14 sept. 14 sept. 14 sept. 14 sept.
Entrée de la Mère de Dieu au Temple Fixe 21 nov. 21 nov. 21 nov. 21 nov. 21 nov.
Nativité du Christ (Noël) Fixe 25 déc. 25 déc. 25 déc. 25 déc. 25 déc.
Théophanie (Baptême du Seigneur) Fixe 6 janv. 6 janv. 6 janv. 6 janv. 6 janv.
Rencontre du Seigneur Fixe 2 févr. 2 févr. 2 févr. 2 févr. 2 févr.
Annonciation de la Mère de Dieu Fixe 25 mars 25 mars 25 mars 25 mars 25 mars
Dimanche des Rameaux Mobile 13 avr. 5 avr. 25 avr. 9 avr. 1er avr.
Ascension du Seigneur Mobile 29 mai 21 mai 10 juin 25 mai 17 mai
Pentecôte Mobile 8 juin 31 mai 20 juin 3 juin 26 mai
Transfiguration du Seigneur Fixe 6 août 6 août 6 août 6 août 6 août
Dormition de la Mère de Dieu Fixe 15 août 15 août 15 août 15 août 15 août

Table des matières

Comment fonctionne le calendrier liturgique orthodoxe

L'année liturgique orthodoxe commence le 1er septembre — et non le 1er janvier. Cette date, héritée du calendrier fiscal de l'Empire byzantin (Indiction), marque le renouveau du cycle sacré et est observée chaque année par un office spécial. La première grande fête de l'année — la Nativité de la Mère de Dieu — tombe huit jours plus tard, le 8 septembre.

Les Douze Grandes Fêtes se divisent en deux catégories. Neuf sont des fêtes fixes, célébrées chaque année à la même date. Trois sont des fêtes mobiles — le Dimanche des Rameaux, l'Ascension et la Pentecôte — dont les dates varient chaque année car elles sont calculées à partir de la date de la Pâques orthodoxe. La Pâques elle-même se situe au-dessus des douze fêtes comme la « Fête des fêtes », dans une catégorie à part.

Une complexité supplémentaire : certaines Églises orthodoxes suivent le calendrier grégorien révisé — le Patriarcat œcuménique, les Églises grecque, roumaine et antiochienne — tandis que d'autres suivent le calendrier julien — les Églises russe, serbe, géorgienne et de Jérusalem. Pour ces dernières, toutes les fêtes fixes tombent 13 jours plus tard dans le calendrier civil (Noël le 7 janvier plutôt que le 25 décembre). Les fêtes mobiles, calculées à partir de la Pâques, coïncident parfois et divergent d'autres fois de plusieurs semaines.

Huit des Douze Grandes Fêtes honorent Jésus-Christ ; quatre honorent la Très Sainte Theotokos (Mère de Dieu). Chaque fête est précédée d'une avant-fête (un à cinq jours de préparation) et suivie d'une post-fête (un à huit jours de prolongement), pendant lesquels le caractère liturgique de la fête est maintenu.

Pâques — La Fête des fêtes

Type : Fête mobile — au-dessus des Douze Grandes Fêtes
Date 2027 : 2 mai 2027

La Pâques orthodoxe — la célébration de la Résurrection du Christ — n'est pas comptée parmi les Douze Grandes Fêtes parce qu'elle les surpasse toutes. Appelée la « Fête des fêtes » et la « Solennité des solennités », c'est l'événement suprême de toute l'année chrétienne et le fondement sur lequel reposent toutes les autres fêtes. Sans la Résurrection, enseigne l'Église orthodoxe, nulle autre fête n'a sa pleine signification.

La Pâques orthodoxe est toujours célébrée le dimanche suivant la pleine lune pascale, selon la formule établie par le Premier Concile œcuménique de Nicée (325). Sa date diffère de Pâques occidentale la plupart des années car le calcul orthodoxe prend le calendrier julien pour base. L'office de la nuit pascale — avec sa procession de minuit, la proclamation « Le Christ est ressuscité ! » et la Liturgie rayonnante — est le plus fréquenté et le plus lumineux de toute l'année orthodoxe.

1. La Nativité de la Mère de Dieu

Type : Fête fixe
Date : 8 septembre (calendrier grégorien) / 21 septembre (calendrier julien)
Nature : Fête mariale — honore la Theotokos
Post-fête : Jusqu'au 12 septembre

La première grande fête de l'année liturgique orthodoxe célèbre la naissance de la Vierge Marie à ses parents âgés Joachim et Anne — une naissance précédée de décennies de stérilité et annoncée par une promesse angélique. Le récit est tiré du Protévangile de Jacques (IIe siècle), non des Évangiles canoniques.

Théologiquement, la fête présente la naissance de Marie comme le premier chaînon de la chaîne du salut — le moment où Dieu commence à préparer le vase humain dans lequel son Fils prendra chair. Le tropaire appelle sa naissance « l'aurore de notre salut ».

Points essentiels :

  • Parents : saints Joachim et Anne, fêtés le 9 septembre
  • Source : Protévangile de Jacques, chapitres 1–7
  • Couleur liturgique : Bleu et or (couleurs mariales)
  • Apodosis : 12 septembre
  • Ouvre le cycle des fêtes mariales de l'année

2. L'Exaltation de la Sainte Croix

Type : Fête fixe
Date : 14 septembre (grégorien) / 27 septembre (julien)
Nature : Fête du Seigneur
Règle unique : Jeûne strict même si la fête tombe un dimanche
Post-fête : Jusqu'au 21 septembre

La fête la plus paradoxale de tout le calendrier orthodoxe — une grande fête de joie observée avec le même jeûne rigoureux que le Vendredi Saint. L'Exaltation commémore trois événements historiques : la découverte de la Vraie Croix par sainte Hélène (vers 320), la dédicace des basiliques de Constantin à Jérusalem (14 septembre 335), et le retour de la Croix de captivité perse par l'empereur Héraclius (630).

Le rite central est la solennelle élévation de la Croix vers les quatre points cardinaux par l'évêque ou le prêtre, pendant que le chœur chante le Kyrie eleison cent fois à chaque orientation — cinq élévations au total.

Points essentiels :

  • Seule grande fête avec un jeûne strict même le dimanche
  • La Croix est élevée vers Est, Sud, Ouest, Nord, puis à nouveau vers l'Est
  • Évangile de la Passion (Jean 19) — rare lors d'une grande fête
  • Couleur liturgique : Violet sombre ou rouge pourpre
  • Apodosis : 21 septembre

3. L'Entrée de la Mère de Dieu au Temple

Type : Fête fixe
Date : 21 novembre (grégorien) / 4 décembre (julien)
Nature : Fête mariale — honore la Theotokos
Post-fête : Jusqu'au 25 novembre

À l'âge de trois ans, Marie fut conduite par ses parents au Temple de Jérusalem, et introduite par le grand prêtre Zacharie dans le Saint des Saints — le lieu le plus sacré du monde juif, où nulle femme n'avait jamais pénétré. Elle vécut au Temple jusqu'à l'âge de douze ans, nourrie chaque jour par l'archange Gabriel d'un pain du ciel, selon la tradition tirée du Protévangile de Jacques.

La fête tombe pendant le jeûne de la Nativité (15 novembre–24 décembre), dont elle est l'étoile de mi-chemin ; le poisson est autorisé ce jour-là. Note : on dit Entrée et non Présentation dans la tradition orthodoxe — la présentation étant réservée aux premiers-nés masculins.

Points essentiels :

  • Marie est introduite dans le Saint des Saints à l'âge de trois ans
  • L'archange Gabriel lui apporte chaque jour un pain du ciel
  • Tombe en plein jeûne de la Nativité — dispense de poisson accordée
  • Couleur liturgique : Bleu ou blanc
  • Apodosis : 25 novembre

4. La Nativité du Christ (Noël)

Type : Fête fixe
Date : 25 décembre (grégorien) / 7 janvier (julien)
Nature : Fête du Seigneur
Précédée par : Le jeûne de la Nativité (40 jours, 15 nov.–24 déc.) et les Heures Royales (matin du 24 déc.)
Post-fête : Jusqu'au 31 décembre

La Nativité du Christ est la deuxième fête la plus solennelle de l'année orthodoxe après Pâques. La tradition orthodoxe place la naissance dans une grotte, non dans une étable — un détail attesté dès le IIe siècle. Les Heures Royales — quatre heures liturgiques consécutives chantées le matin de la veille de Noël — sont propres à cette fête. La veille au soir, les Grandes Vêpres avec la Liturgie de saint Basile le Grand sont célébrées — la liturgie la plus ancienne et la plus longue de la tradition orthodoxe.

Points essentiels :

  • Naissance dans une grotte, pas une étable (tradition attestée dès le IIe siècle)
  • Liturgie : Vêpres + Liturgie de saint Basile le Grand la veille au soir
  • Couleur liturgique : Blanc et or
  • Apodosis : 31 décembre
  • Traditions : Sochelnik (12 plats maigres, soir du 24 déc. — tradition slave), Koliadki (chants slaves), Kalanta (chants grecs)

5. La Théophanie — Baptême du Seigneur

Type : Fête fixe
Date : 6 janvier (grégorien) / 19 janvier (julien)
Nature : Fête du Seigneur
Règle : Jeûne strict la veille (5 janvier / 18 janvier)
Post-fête : Jusqu'au 14 janvier

Contrairement à l'Épiphanie occidentale (qui commémore les Mages), la Théophanie orthodoxe célèbre le Baptême du Christ dans le Jourdain — le moment où la Sainte Trinité se manifesta simultanément pour la première fois : la voix du Père depuis le ciel, le Fils dans l'eau, le Saint-Esprit descendant en forme de colombe. Les Mages sont commémorés dans la fête de la Nativité (25 décembre), non ici.

Le rite central est la Grande Bénédiction des Eaux (Haghiasmos), accomplie deux fois : la veille au soir (à l'intérieur de l'église) et le matin de la fête (en procession vers un cours d'eau). L'eau bénite — l'haghiasma mega — est conservée dans les foyers toute l'année.

Points essentiels :

  • Pas les Mages (Épiphanie) mais la révélation trinitaire au Baptême
  • Grande Bénédiction des Eaux : rite central, eau conservée toute l'année
  • La veille (5 janvier) : jeûne strict comparable au Vendredi Saint
  • Tradition de la plongée pour reprendre la croix dans les pays orthodoxes
  • Bénédiction des maisons dans les semaines qui suivent
  • Couleur liturgique : Blanc et or ; apodosis : 14 janvier

6. La Rencontre du Seigneur

Type : Fête fixe
Date : 2 février (grégorien) / 15 février (julien)
Nature : Fête du Seigneur (avec fort caractère marial)
Post-fête : Jusqu'au 9 février

Quarante jours après la Nativité, Marie et Joseph présentèrent le Christ enfant au Temple de Jérusalem. Là, le vieillard Syméon — à qui l'Esprit Saint avait promis qu'il ne mourrait pas avant de voir le Christ — prit l'enfant dans ses bras et chanta le Nunc Dimittis : « Maintenant, ô Maître, laisse ton serviteur s'en aller en paix, car mes yeux ont vu ton salut. » Ce cantique est chanté dans l'Église orthodoxe chaque soir de l'année, lors des Complies.

La fête est surnommée la « fête charnière » — elle clôt le cycle de la Nativité et pointe vers la Passion : la prophétie de l'épée qui transpercera l'âme de Marie fait déjà résonner les accents du Vendredi Saint.

Points essentiels :

  • Nom grec : Hypapante — « la rencontre » (pas la Présentation, réservée aux premiers-nés masculins)
  • Le Nunc Dimittis est chanté chaque soir à Complies dans toute l'Église orthodoxe
  • Tradition des cierges bénits — origine de la Chandeleur
  • Syméon le Juste est fêté le 3 février
  • Couleur liturgique : Blanc ou bleu marial ; apodosis : 9 février

7. L'Annonciation de la Mère de Dieu

Type : Fête fixe
Date : 25 mars (grégorien) / 7 avril (julien)
Nature : Fête de l'Incarnation — honore à la fois le Christ et la Theotokos
Règle : L'un des deux seuls jours du Grand Carême où le poisson est autorisé
Apodosis : 26 mars (lendemain de la fête)

L'Annonciation commémore le moment où l'archange Gabriel apparut à la Vierge Marie à Nazareth et lui annonça qu'elle concevrait et enfanterait le Fils de Dieu. Le fiat de Marie — « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38) — est le libre consentement humain qui rend l'Incarnation possible. Le nom grec Evangelismos (« évangélisation ») souligne que cette fête célèbre d'abord la Bonne Nouvelle elle-même, pas seulement l'acte de Gabriel.

La fête peut tomber n'importe où dans le Grand Carême, la Semaine Sainte, ou même le jour de Pâques (Kyrio-Pascha — coïncidence extrêmement rare). Le 25 mars est exactement neuf mois avant le 25 décembre.

Points essentiels :

  • Nom grec : Evangelismos — même racine qu'« évangile »
  • Exactement 9 mois avant Noël : fête de la conception du Christ
  • L'un des 2 jours de poisson du Grand Carême (l'autre : le Dimanche des Rameaux)
  • Peut tomber le Vendredi Saint ou le jour de Pâques (Kyrio-Pascha)
  • Canon des Matines : dialogue poétique Gabriel/Marie, chef-d'œuvre hymnographique
  • Couleur liturgique : Bleu ciel et or ; apodosis : 26 mars

8. L'Entrée du Seigneur à Jérusalem (Dimanche des Rameaux)

Type : Fête mobile — toujours le dimanche qui précède immédiatement la Pâques orthodoxe
Date 2027 : 25 avril 2027
Nature : Fête du Seigneur
Règle : Les hymnes dominicaux de la Résurrection sont supprimés (l'un des deux seuls dimanches de l'année)
Post-fête : Du Lundi Saint au Mercredi Saint (apodosis le mercredi)

Le Dimanche des Rameaux ouvre la Semaine Sainte. Il est liturgiquement inséparable du Samedi de Lazare (la veille) : les deux offices partagent le même tropaire, et la résurrection de Lazare est présentée comme la cause directe de l'accueil triomphal du Christ — et de la décision des grands prêtres de le tuer. Le deuxième jour de poisson du Grand Carême.

Points essentiels :

  • Toujours 7 jours avant la Pâques orthodoxe (dimanche)
  • Précédé du Samedi de Lazare (résurrection de Lazare — Jean 11)
  • Rameaux bénits : palmes et olives (pays méditerranéens), chatons de saule (pays slaves)
  • Les tropaires dominicaux de la Résurrection sont supprimés — l'un des deux seuls dimanches de l'année
  • Dates : 2025 : 13 avr. | 2026 : 5 avr. | 2027 : 25 avr. | 2028 : 9 avr. | 2029 : 1er avr.

9. L'Ascension du Seigneur

Type : Fête mobile — toujours le 40e jour après Pâques (jeudi)
Date 2027 : 10 juin 2027
Nature : Fête du Seigneur
Post-fête : Huit jours, jusqu'à la veille de la Pentecôte

Quarante jours après sa Résurrection, le Christ monta au ciel depuis le mont des Oliviers devant les yeux de ses disciples (Ac 1, 9–11). L'Ascension clôt la phase terrestre de la mission rédemptrice du Christ et inaugure son intercession céleste à la droite du Père. Toujours un jeudi, 40 jours après Pâques. Le salut pascal « Le Christ est ressuscité ! » cesse d'être utilisé après l'Ascension.

Points essentiels :

  • Toujours un jeudi, 40 jours après Pâques
  • Récit biblique : Actes 1, 1–12 ; Luc 24, 44–53
  • Le « Christ est ressuscité ! » cesse après l'Ascension
  • Couleur liturgique : Blanc et or ; apodosis : veille de la Pentecôte
  • Dates : 2025 : 29 mai | 2026 : 21 mai | 2027 : 10 juin | 2028 : 25 mai | 2029 : 17 mai

10. La Pentecôte — Descente du Saint-Esprit

Type : Fête mobile — toujours le 50e jour après Pâques (dimanche)
Date 2027 : 20 juin 2027
Nature : Fête de la Sainte Trinité — aussi appelée « Dimanche de la Trinité »
Règle : Les hymnes dominicaux de la Résurrection sont supprimés
Post-fête : Six jours

Cinquante jours après Pâques, le Saint-Esprit descendit sur les Apôtres dans le Cénacle de Jérusalem en langues de feu (Ac 2, 1–13), les habilitant à prêcher l'Évangile en toutes langues et fondant l'Église. La Pentecôte est le jour de naissance de l'Église. Le lundi après la Pentecôte est la fête du Saint-Esprit ; le mardi ouvre le Jeûne des Apôtres.

Points essentiels :

  • Toujours le 50e jour (7 semaines + 1 jour) après Pâques
  • Aussi appelée : Dimanche de la Trinité (Sainte Trinité)
  • Vêpres de génuflexion : trois longues prières à genoux — première genuflexion depuis Pâques
  • Le lundi : fête du Saint-Esprit ; début du Jeûne des Apôtres
  • Couleur liturgique : Vert ; apodosis : le samedi suivant
  • Dates : 2025 : 8 juin | 2026 : 31 mai | 2027 : 20 juin | 2028 : 3 juin | 2029 : 26 mai

11. La Transfiguration du Seigneur

Type : Fête fixe
Date : 6 août (grégorien) / 19 août (julien)
Nature : Fête du Seigneur
Post-fête : Jusqu'au 13 août

Sur le mont Thabor, devant Pierre, Jacques et Jean, le Christ fut transfiguré : « Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Mt 17, 2). La Transfiguration révèle la nature divine du Christ quarante jours avant la Crucifixion — et, dans la théologie orthodoxe, dévoile la Lumière incréée (Lumière taborique) que les saints contemplent dans la prière.

La bénédiction des raisins et des premiers fruits est la tradition populaire la plus aimée de la fête : raisins, figues, pommes et fruits de saison sont apportés à l'église pour être bénis. La fête tombe pendant le Jeûne de la Dormition (1–14 août), dont le rigorisme est allégé ce jour-là.

Points essentiels :

  • Récit biblique : Matthieu 17, 1–9 ; Marc 9, 2–10 ; Luc 9, 28–36
  • Exactement 40 jours avant l'Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre)
  • Bénédiction des raisins et premiers fruits : tradition populaire centrale
  • La Lumière incréée du Thabor : au cœur de la théologie de saint Grégoire Palamas (Hésychasme)
  • Couleur liturgique : Blanc et or ; apodosis : 13 août

12. La Dormition de la Mère de Dieu

Type : Fête fixe
Date : 15 août (grégorien) / 28 août (julien)
Nature : Fête mariale — la plus grande fête de la Theotokos
Précédée par : Le jeûne de la Dormition (14 jours, 1–14 août), aussi strict que le Grand Carême
Post-fête : Jusqu'au 23 août

La Dormition (« le repos ») de la Mère de Dieu commémore sa mort, sa résurrection corporelle et son entrée dans la gloire céleste — appelée la « Pâques de l'été » dans la tradition orthodoxe. L'Église orthodoxe affirme la mort réelle de Marie mais croit que son corps n'a pas connu la corruption : le troisième jour après sa dormition, les Apôtres trouvèrent son tombeau vide, rempli de fleurs. Cette conviction n'a jamais été définie comme un dogme en Orthodoxie — c'est une tradition pieuse unanime.

Points essentiels :

  • Surnommée : « Pâques de l'été » — la plus grande fête mariale
  • Jeûne de la Dormition (1–14 août) : aussi strict que le Grand Carême
  • Paraklèse (canon suppliant à la Theotokos) : chanté chaque soir pendant le jeûne
  • Bénédiction des fleurs et des herbes après la Liturgie
  • Procession de l'Épitaphios de la Mère de Dieu dans de nombreuses paroisses
  • Non un dogme défini : la résurrection corporelle de Marie est tradition pieuse, pas définition dogmatique
  • Couleur liturgique : Bleu et or (couleurs mariales) ; apodosis : 23 août

FAQ — Questions fréquemment posées sur les fêtes orthodoxes

Quelles sont les Douze Grandes Fêtes de l'Église orthodoxe ?

Les Douze Grandes Fêtes (grec : Dodécaorton) sont les douze célébrations les plus solennelles de l'année liturgique orthodoxe, juste en dessous de Pâques en importance. Ce sont : la Nativité de la Mère de Dieu, l'Exaltation de la Sainte Croix, l'Entrée de la Mère de Dieu au Temple, la Nativité du Christ, la Théophanie (Baptême du Seigneur), la Rencontre du Seigneur, l'Annonciation, le Dimanche des Rameaux, l'Ascension, la Pentecôte, la Transfiguration et la Dormition de la Mère de Dieu. Huit honorent le Christ ; quatre honorent la Theotokos.

Pourquoi la Pâques orthodoxe tombe-t-elle souvent à une date différente de Pâques occidentale ?

La Pâques orthodoxe est calculée en prenant le calendrier julien pour base, selon la formule établie par le Premier Concile œcuménique de Nicée (325). Pâques occidentale utilise le calendrier grégorien et une formule astronomique légèrement différente. Il en résulte que les deux dates coïncident parfois (comme en 2025) mais diffèrent souvent d'une à cinq semaines, la Pâques orthodoxe tombant généralement plus tard au printemps.

Quelle est la différence entre calendrier grégorien et calendrier julien pour les fêtes orthodoxes ?

Les Églises orthodoxes utilisant le calendrier grégorien révisé — les Églises grecque, roumaine, antiochienne et autres — célèbrent les fêtes fixes aux mêmes dates civiles que l'Église catholique (Noël le 25 décembre). Les Églises suivant le calendrier julien — les Églises russe, serbe, géorgienne et de Jérusalem — célèbrent les fêtes fixes 13 jours plus tard dans le calendrier civil (Noël le 7 janvier). Les fêtes mobiles sont calculées à partir de la Pâques propre à chaque Église.

Combien de fêtes l'Église orthodoxe célèbre-t-elle au total ?

Au-dessus des Douze Grandes Fêtes se tient Pâques, soit treize grandes célébrations au total. Au-delà, le calendrier orthodoxe comprend de nombreux autres rangs de fêtes : fêtes mineures du Seigneur et de la Theotokos, fêtes des grands saints (Apôtres, prophètes, martyrs, Pères de l'Église), commémorations des saints locaux — si bien que pratiquement chaque jour de l'année est la fête d'au moins un saint. Le calendrier complet est publié annuellement sous le nom de Ménologe.

Quand commence l'année liturgique orthodoxe ?

L'année liturgique orthodoxe commence le 1er septembre — appelé le Nouvel An ecclésiastique ou début de l'Indiction. Cette date, héritée du calendrier fiscal byzantin, est marquée par un office spécial et des hymnes. La première grande fête de l'année est donc la Nativité de la Mère de Dieu (8 septembre), et le cycle s'achève en août suivant avec la Dormition (15 août), avant que la nouvelle année ne commence en septembre.

Quelles fêtes orthodoxes impliquent un jeûne strict ?

Plusieurs grandes fêtes sont précédées de périodes de jeûne : le jeûne de la Dormition (14 jours, 1–14 août, aussi strict que le Grand Carême), le jeûne de la Nativité (40 jours, 15 nov.–24 déc.) et le jeûne des Apôtres (variable, après la Pentecôte). La veille de la Théophanie (5 janvier) est aussi un jour de jeûne strict. Enfin, l'Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre) est elle-même un jour de jeûne strict — même si elle tombe un dimanche, ce qui la rend unique dans tout le calendrier orthodoxe.

Qu'est-ce que la « Fête des fêtes » dans l'Église orthodoxe ?

Pâques — la Résurrection du Christ — est appelée la « Fête des fêtes » et la « Solennité des solennités ». Elle n'est pas comptée parmi les Douze Grandes Fêtes parce qu'elle les transcende toutes en importance. L'Église orthodoxe enseigne que toute autre fête tient sa signification de la Résurrection : la Nativité est célébrée en raison de ce à quoi elle conduit ; la Transfiguration révèle qui est le Christ ressuscité ; la Dormition de la Theotokos anticipe la résurrection de tous les fidèles.

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